2012 - Numéro 00, Volume 1

IMPACTS SOCIO-ÉCONOMIQUES DES MIGRATIONS DANS LA COMMUNE RURALE D’ALLAKAYE AU NIGER

WAZIRI M, HAMBALLY Y., OUMAROU G.

WAZIRI MATO Maman, Département de Géographie,
HAMBALLY Yacouba, Département de Sociologie
OUMAROU Gambo, Département de sociologie
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
Université Abdou Moumouni de Niamey – Niger

Résumé

Les résultats de l’étude ESEDSEN « Étude Sédimentaire du Sénégal » constituent une contribution à la connaissance de l’évolution spatio-temporelle récente de la brèche sur la Langue de Barbarie au Sénégal et ses conséquences potentielles. Les mesures et observations in situ du type profils de plage (topographie) sont réalisées (rives Nord et Sud de la brèche) au moyen du Differential Global Positioning System (DGPS) Trimble® R3 et le suivi de stations de mires. Ces mesures sont effectuées sur le site et son environnement entre octobre 2010 et décembre 2011 ; elles indiquent que depuis 2003, la brèche est toujours dynamique ; elle ne se stabilise pas.
Son extrémité nord a progressé de 550 m (1,83 m/jour) vers le sud entre mars et décembre 2011 alors que la partie Sud a régressé de 830 m (2,76 m/jour) pendant la même séquence d’observation. En termes de superficie, cette progression longitudinale représente 1,4 ha/mois. Sa section transversale indique une augmentation d’environ 100 m, soit une surface d’au moins 56 000 m². La rive Nord fonctionne actuellement comme un pôle de distribution ou de transit de débits solides éoliens, favorisant la formation de bancs de sable à l’intérieur et/ou autour du chenal d’embouchure. La largeur de la brèche fluctue au gré des saisons. Les observations dénotent une augmentation de 50 m en moyenne par mois (1,6m/jour). La dynamique actuelle de la brèche expose la rive gauche de la lagune de Mboumbaye à une érosion rapide.
La zone littorale du Gandiolais avec tout ce qu’elle supporte comme ressources économiques et environnementales est exposée à des risques sérieux liés à la migration méridionale de la « nouvelle embouchure ». Près d’une décennie d’évolution naturelle, cette brèche attire toujours des chercheurs de diverses spécialités. La réactualisation des données par un suivi récent des dynamiques demeure une perspective de recherche.

Au Niger, à travers les discours, la migration est perçue négativement par le pouvoir public. Dans la région de Tahoua, le solde migratoire est négatif selon les données du recensement de la population de 2001. La commune rurale d’Allakaye située dans la partie ouest du département de Bouza se particularise par son flux migratoire de plus en plus important. Dans cette commune où le déficit céréalier est chronique, les actions des ONG et projets de développement ont montré leurs limites, par conséquent la population quitte le milieu vers d’autres horizons à la recherche du bien être.
Des enquêtes menées auprès de la population portant sur des échantillons de migrants circulaires de retour et de chefs de ménages dans le cadre du programme de recherche « le Niger espace de migration et de transit : dynamique territoriale et recomposition spatiale » ont permis de mieux comprendre la situation.

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