2012 - Numéro 00, Volume 1

LA MOBILITE COMME RESILIENCE DES MARAICHERS BURKINABE FACE A LA VULNERABILITE ALIMENTAIRE

François de Charles OUEDRAOGO, Edwige NIKIEMA, Irma Francine KAGAMBEGA, Emmanuel COMPAORE
Laboratoire d’Études et de Recherches sur les Milieux et Territoires
Université de Ouagadougou

Résumé
Les jeunes maraîchers du Plateau central burkinabè émigrent vers d’autres régions du pays. Quels sont les déterminants de cette mobilité ? L’objectif de l’étude est de mesurer l’incidence de la pratique du maraîchage, sous contrainte de la mobilité, dans la lutte contre la vulnérabilité (alimentaire) des ménages ruraux. Sont étudiés deux sites dans le Plateau central et deux autres sites en zones d’immigration dans le Nord. Le levé topographique, le questionnaire et le récit de vie furent les outils de collecte des données. En terme de résultats, le rêves du gain d’argent chez tous les producteurs, la pression humaine sur l’espace (47 % des maraîchers ne possèdent pas de terres sur les berges des lacs), le savoir-faire dans la pratique du maraîchage et enfin le comblement du lac (reconnu par 90 % des maraîchers), déterminent la mobilité des producteurs. Les maraîchers s’orientent vers les autres provinces du centre du Burkina Faso à la recherche de berges neuves. Ils ne se rendent pas dans l’ouest du pays mais la tendance est au franchissement de la frontière malienne au nord dans les années à venir. Enfin, les maraîchers en zone d’immigration sont mal nourris : ils mangent du tô régulièrement. En revanche, dans les ménages des villages d’émigration, les repas deviennent réguliers et riches. L’argent du maraîchage est réinvesti dans l’habitat, dans le matériel roulant (pour 80 % des maraîchers) et surtout dans le loisir. Le savoir-faire reste limité au maraîchage. Le maraîcher apparait par conséquent vulnérable. Des modules de formation à l’accès à la terre comme à la gestion efficiente des recettes, rendraient le maraîcher plus résilient.

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