2018 - Numéro 007, Volume 1

LA VILLE DE TIEBISSOU : DES DEPLACEMENTS PEDESTRES AUX MOTOS-TAXIS

BRENOUM Kouakou David, KOBENAN Appoh Charlesbor,
KOUAME Kouassi Benjamin
Laboratoire de Recherche Espace Système et Prospective (LARESP),
Institut de Géographie Tropicale (IGT), Université Félix Houphouët
Boigny, Abidjan-Cocody

Résumé

Depuis plus d’une quinzaine d’années, les villes ivoiriennes sont
envahies par les motos-taxis. Ce nouveau mode de transport collectif
est apparu à Tiébissou, durant la grave crise militaro-politique que la
Côte d’Ivoire a connu à partir de septembre 2002. Presque dix ans après
la crise, ces moyens de locomotion inappropriés continuent de
prospérer dans cette ville. Cet article essaie donc de comprendre les
raisons qui sous-tendent cette mutation et les impacts spatial,
environnemental et socio-économique y afférents.
La méthodologie est axée sur la documentation afin de faire la
revue des écrits sur la question ; l’inventaire pour dénombrer les motostaxis,
les acteurs, les points de vente de carburant et de lavage, etc. ;
l’observation pour apprécier surtout le comportement des acteurs et des
enquêtes pour avoir l’opinion des autorités, des usagers et des
populations en général sur ce mode de transport.
Il ressort que les motos servaient au départ à sortir les déplacés
de guerre de la zone sous-contrôle de la rébellion. Bientôt, ils sont
utilisés comme moyen de transport dans une ville où il n’existait
jusque-là que le déplacement pédestre. Depuis lors, ils sont entrés dans
les habitudes des citadins et continuent d’occuper le devant de la scène.
Cela est d’autant plus vrai que Tiébissou compte plus de 221 motostaxis
qui procurent plus de 500 emplois directs et d’innombrables
emplois indirects. Ces véhicules permettent l’intégration des lieux. Ils
créent cependant des problèmes qui vont à l’encontre de la ville durable
par les accidents, les pollutions, les nuisances et l’étalement.

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