Cogito

La mobilité comme résilience des maraîchers burkinabè face à la vulnérabilité alimentaire

Les jeunes maraîchers du Plateau central burkinabè émigrent vers d’autresrégions du pays. Quels sont les déterminants de cette mobilité ? L’objectif de l’étudeest de mesurer l’incidence de la pratique du maraîchage, sous contrainte de la
mobilité, dans la lutte contre la vulnérabilité (alimentaire) des ménages ruraux. Sontétudiés deux sites dans le Plateau central et deux autres sites en zones d’immigrationdans le Nord. Le levé topographique, le questionnaire et le récit de vie furent lesoutils de collecte des données. En terme de résultats, le rêves du gain d’argent cheztous les producteurs, la pression humaine sur l’espace (47 % des maraîchers ne
possèdent pas de terres sur les berges des lacs), le savoir-faire dans la pratique du
maraîchage et enfin le comblement du lac (reconnu par 90 % des maraîchers),déterminent la mobilité des producteurs. Les maraîchers s’orientent vers les autresprovinces du centre du Burkina Faso à la recherche de berges neuves. Ils ne serendent pas dans l’ouest du pays mais la tendance est au franchissement de lafrontière malienne au nord dans les années à venir. Enfin, les maraîchers en zone
d’immigration sont mal nourris : ils mangent du tô régulièrement. En revanche, dansles ménages des villages d’émigration, les repas deviennent réguliers et riches.L’argent du maraîchage est réinvesti dans l’habitat, dans le matériel roulant (pour 80
% des maraîchers) et surtout dans le loisir. Le savoir-faire reste limité aumaraîchage. Le maraîcher apparait par conséquent vulnérable. Des modules de
formation à l’accès à la terre comme à la gestion efficiente des recettes, rendraient lemaraîcher plus résilient.

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