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LA VILLE DE TIEBISSOU : DES DEPLACEMENTS PEDESTRES AUX MOTOS-TAXIS

BRENOUM Kouakou David, KOBENAN Appoh Charlesbor, KOUAME Kouassi Benjamin
Laboratoire de Recherche Espace Système et Prospective (LARESP), Institut de Géographie Tropicale (IGT), Université Félix Houphouët Boigny, Abidjan-Cocody

Date de Publication : octobre 2018  | RGO 0 Volume 1 | Page No.:135-154

ISSN : 0796-9694

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RESUME: Depuis plus d’une quinzaine d’années, les villes ivoiriennes sont envahies par les motos-taxis. Ce nouveau mode de transport collectif est apparu à Tiébissou, durant la grave crise militaro-politique que la Côte d’Ivoire a connu à partir de septembre 2002. Presque dix ans après la crise, ces moyens de locomotion inappropriés continuent de prospérer dans cette ville. Cet article essaie donc de comprendre les raisons qui sous-tendent cette mutation et les impacts spatial, environnemental et socio-économique y afférents.
La méthodologie est axée sur la documentation afin de faire la revue des écrits sur la question ; l’inventaire pour dénombrer les motos-taxis, les acteurs, les points de vente de carburant et de lavage, etc. ; l’observation pour apprécier surtout le comportement des acteurs et des enquêtes pour avoir l’opinion des autorités, des usagers et des populations en général sur ce mode de transport.
Il ressort que les motos servaient au départ à sortir les déplacés de guerre de la zone sous-contrôle de la rébellion. Bientôt, ils sont utilisés comme moyen de transport dans une ville où il n’existait jusque-là que le déplacement pédestre. Depuis lors, ils sont entrés dans les habitudes des citadins et continuent d’occuper le devant de la scène. Cela est d’autant plus vrai que Tiébissou compte plus de 221 motos-taxis qui procurent plus de 500 emplois directs et d’innombrables emplois indirects. Ces véhicules permettent l’intégration des lieux. Ils créent cependant des problèmes qui vont à l’encontre de la ville durable par les accidents, les pollutions, les nuisances et l’étalement.

Mots clés : Déplacement pédestre, nouveau mode de transport urbain, motos-taxis, Tiébissou, Côte d’Ivoire

ABSTRACT:

Tiébissou City: from walking to taxis-motorcycle transport
For more than fifteen years, Ivorian cities have been invaded by taxis-motorcycles. This new public transport system started at Tiébissou, during the serious military-political crisis that Côte d’Ivoire experienced in September 2002. Almost ten years after the crisis, these inappropriate means of transport continue to expand in this city. This paper tries to understand the reasons of this change and the related spatial, environmental and socio-economic impacts.
The methodology consists in a documentary review on the issue; then the inventory to assess the number of taxis-motorcycle, the stakeholders involved, fuel sale points and washing, etc.; the observation, notably to assess the stakeholder behavior and surveys to form an opinion on the authorities, users and the population in general perception on this new transport system.
It appears that taxis-motorcycles were initially used to evacuate war displaced persons out of the rebellion-controlled zone. Later, they were used as means of transport in a city where, until then, people move on foot. Since then, they have become part of populations’ habits till now. This is all the more true that Tiébissou has more than 221 taxis-motorcycles that create more than 500 direct jobs and many more indirect jobs. They contribute to connect and integrate various places. However, they are source of problems including accidents, pollution, nuisance and spreading, which are against sustainable city

Key Words:walking, new means of urban transport, taxis-motorcycle, Tiébissou, Côte d’Ivoire